Mon saut vers la liberté financière


Tout comme le véganisme et le minimalisme, le mouvement FIRE (Financial Independance, Retire Early) devient de plus en plus suivi par une tranche de population qui demeure néanmoins considérée comme marginale. Ce mouvement se caractérise par la volonté de ses adeptes à atteindre un niveau d’actif dont le rendement permet de couvrir l’ensemble de leurs dépenses et ce, beaucoup plus tôt que l’âge généralement prévu de la retraite (ex : 65 ans). Alors que certains atteignant cet objectif décident tout simplement de prendre leur retraite, d’autres entament de nouveaux projets plus alignés avec leurs passions ou demeurent dans leurs fonctions actuelles si ces dernières leur permettent toujours de s’épanouir. Peu importe le plan d’action prévu suite à l’atteinte de la liberté financière, les adeptes du FIRE se ressemblent dans la mesure où ces derniers souhaitent être libre d’utiliser leur temps afin de faire ce qui les passionne et motive.

Toutefois, ceux-ci se butteront à plusieurs défis dans leur cheminement tels que :

• L’influence externe venant du mitraillage de publicités nous incitant à consommer immédiatement

• L’influence externe venant de nos pairs, principalement par l’incompréhension de ces derniers face au fait qu’on n’adopte pas le moule de consommateur prôné par la société

• Notre influence interne nous invitant parfois à prendre des décisions sur des coups de tête (ex : prise de risque trop importante sur nos investissements, dépenses frivoles, etc.)



Ce blog visera à partager mes observations et les défis auxquels je fais face dans ce long parcours vers l’indépendance financière. Bien que j’aie déjà effectué certaines projections qui me donnent une indication du moment auquel je pourrais atteindre cet objectif (estimé à approximativement 48 ans), je suis conscient que plusieurs facteurs pourraient m’amener à réajuster cet estimé en cours de route. L’atteinte rapide de l’indépendance financière dépend selon moi de manière importante de notre situation conjugale. Alors qu’une personne célibataire ne pourra séparer ses coûts fixes, celle dont le/la conjoint(e) a profil de consommateur plus dépensier sera davantage incité à moins épargner. Dans le meilleur scénario, avoir un(e) conjoint(e) ayant un profil de consommateur plus « frugal » permet de mettre en place les conditions gagnantes pour atteindre rapidement l’indépendance financière. Personnellement, je me compte chanceux d’avoir une épouse en or qui se retrouve dans cette catégorie et qui me supporte dans cette démarche.

Au niveau québécois, certains blogs (Jeune retraité, Retraite 101,etc.) publient régulièrement des textes traitant de l’indépendance financière. Alors que certains bloggeurs ont déjà réussi à atteindre l’indépendance financière avant la quarantaine (tumbs up !), d’autres ont un plan ambitieux pour l’atteindre rapidement. À plus grande échelle, tout adepte du FIRE a lu au moins un article de Mr. Money Mustache, l’un des pionniers de ce mouvement qui a atteint l’indépendance financière à 30 ans. Prônant certains principes de frugalité généralement mis en pratique par le mouvement FIRE, Pierre-Yves Mcsween a fait grand écho avec son livre « En as-tu vraiment besoin ? » qui nous amène à remettre en question plusieurs de nos habitudes afin de prendre des décisions plus rationnelles à titre de consommateur. Bien que chaque auteur traitant de sujets liés à l’indépendance financière amène sa touche personnelle, on peut généralement noter 3 piliers récurrents qui sont abordés et qui auront une incidence importante sur le moment qu’une personne atteindra cet objectif.

1. Un contrôle accru de ses dépenses

Par « contrôle accru de ses dépenses », je ne sous-entends pas que je prône de vivre en Hermite dans un 1 et demi sans télévision et aucune voiture. Je n’entends pas non plus rester chez soi la fin de semaine à ne rien faire afin d’épargner quelques dizaines de dollars qui auraient pu être dépensés pour faire des activités sociales. Toutefois, j’entends adopter une attitude qui remet en question chaque dépense que je fais afin de déterminer si l’utilité qui en découle justifie le coût. Afin d’adopter ce point de vue, j’essaie de relativiser mes achats face à une alternative. Par exemple :

• Ce souper au restaurant équivaut à combien de repas que je pourrais préparer par moi-même ?

Combien me reviendrait mon coût par kilomètre pour l’achat d’une voiture usagée plutôt qu’une voiture neuve ?

• L’achat de ce morceau de linges revient à combien d’heures de travail ?

• Face à deux activités de loisir, laquelle m’amène un plus grand retour d’utilité par dollar par minute ?

En confrontant mes impulsions d’achats face à une alternative, je mets en place une variable additionnelle à considérer avant de prendre une décision d’aller de l’avant avec l’achat. Je tenterai dans ce blog de mettre de l’avant certains exemples que j’utilise.

En plus d’adopter une approche relative par rapport à mes achats, je m’assurer de suivre mon taux d’épargne de façon mensuelle. Bien que certaines applications existent afin de compiler l’ensemble des transactions faites dans nos comptes bancaires, je suis de la vieille école dans la mesure où je préfère construire mes propres outils qui me donnent davantage de flexibilité en termes de suivi et d’analyse. J’invite tous et chacun à faire de même dans la mesure où cela ne prend que quelques minutes par mois d’extraire les rapports de transactions bancaires produits par vos institutions financières.

2. Une stratégie efficace d’investissement de ses épargnes

Ce pilier représente à mon avis le plus dangereux dans la mesure où il peut être tentant « d’investir » (devrais-je dire spéculer ?) dans des instruments financiers qui offrent des opportunités alléchantes de rendement rapide. Autant l’aspect « épargne » nécessite un contrôle de ses impulsions d’achat, l’aspect « placement » nécessite un contrôle afin d’établir un plan de match à suivre de manière systématique et de ne pas dévier de ce dernier. J’ai moi-même succombé par le passé à ces impulsions dans mes placements, dont :

• L’achat de titres boursiers sans bien comprendre les risques sous-jacents

• Une prise de risque inappropriée (ex : exposition en équité trop élevée ou trop faible) selon mon horizon de placement

• Des stratégies de placement menant à des frais de transaction grugeant de façon substantielle mon rendement obtenu

• Diversification inappropriée dans mes placements (ex : trop peu de titres boursiers ou surexposition à un secteur en particulier)

Je tenterai d’élaborer plus en détail dans ce blog sur certaines erreurs que j’ai vécu ainsi que ma philosophie actuelle par rapport à ma stratégie de placement.

3. Une maximisation de son niveau de revenu

L’un des patterns se dégageant dans la lecture de plusieurs blogs portant sur le FIRE est que de manière générale, ses adeptes ont des conditions d’emploi enviables. Comme la théorie de l’offre et la demande qui s’applique aux biens que l’on consomme, dans le cadre de notre revenu nous sommes le bien qui est négocié et pour lequel nous sommes rémunérés en fonction de la rareté du contenu que nous pouvons amener. Dans le cas d’un salarié, cela revient à avoir des habiletés pour lequel nous transigeons notre temps afin d’être rémunéré. Étudier dans un champ d’étude pour lequel l’offre d’un ensemble d’habiletés se fait plus rare maximise les chances d’accroître nos revenus. La situation idéale est lorsqu’il existe une harmonie entre nos intérêts et les habilités recherchées sur le marché d’emploi. De mon côté, j’ai eu la chance d’avoir des intérêts au niveau des mathématiques et d’avoir su trouver un domaine d’emploi (l’actuariat) aligné sur ces intérêts et qui demeure bien rémunéré.

Je demeure toutefois d’avis que d’autres variables jouent un rôle sur la capacité d’un individu à maximiser ses revenus, tels que :

• Être conscient de sa valeur marchande et s’assurer d’être rémunéré à sa juste valeur

• Capacité à obtenir d’autres sources de revenus que son emploi principal (ex : via des sources de revenu passif)

• Capacité constante à viser plus haut que sa situation actuelle. Les grandes fortunes ne se sont pas bâties par des individus se satisfaisant du statut quo. L’ambition de ces derniers leur a permis d’entrevoir des opportunités que d’autres n’auraient pas remarqué


Alors que les deux premiers piliers sont à mon avis plus faciles à réaliser dans la mesure où quelqu’un de discipliné peut contrôler ses « impulsions » d’achat ou de placement, ce troisième pilier demande selon moi un ensemble d’habilités différentes ; c’est-à-dire, une capacité de penser « out-of-the-box » ainsi qu’un certain esprit entrepreneuriale sont requis afin d’être en mesure de créer différents flux de revenus variés. Pour cette raison, ce pilier demeure à mon avis mon talon d’Achilles à ce moment.

De votre côté, lequel de ces trois piliers êtes-vous le plus faible ?