Liberté financière: à quelle étape vous retrouvez-vous ?

J’en faisais part dans le premier article de ce blog, la recette standard appliquée pour atteindre la liberté financière repose généralement sur 3 piliers qui devront être appliqués de manière systématique sur une longue période de temps : un contrôle accru de ses dépenses, une stratégie efficace d’investissement et une maximisation de ses revenus. Avant d’atteindre ce niveau, un individu devra généralement passer à travers plusieurs étapes de situation financière. Dans la littérature, on présente généralement entre 6 et 10 étapes. Cet article vise à vous présenter ces dernières et mon analyse sur comment passer à l’étape suivante.

Étape 1 – Dépendance financière

Comme son nom l’indique, être dépendant financièrement revient à nécessiter les ressources d’autrui pour subvenir à nos besoins. Tous commenceront leur vie à cette étape et y resteront un bon moment puisque lors de notre enfance, nous comptons sur nos parents pour nous fournir un toit et de la nourriture afin de survivre.

Une seconde catégorie de personnes faisant parti de cette étape correspond à ceux ayant besoin de prestation d’aide sociale. En effet, à ce moment le gouvernement agit comme contributeur afin de subvenir à leurs besoins financiers. Finalement, ceux nécessitant le recours à de nouvelles sources de dettes (ex : cartes de crédit) pour honorer leurs engagements courants font aussi partie de cette catégorie.

Analyse : Personnellement, j’ai quitté cette étape uniquement lors de ma fin d’études universitaires à l’âge de 23 ans. À mon avis, l’objectif n’est pas de quitter cette étape le plus rapidement possible mais de trouver un équilibre entre la période durant laquelle nous y demeurons (entraînant un poids financier à nos contributeurs) vs la plus-value future amenée afin d’améliorer notre situation financière.

Évidemment, une fois sortie de ce niveau on ne souhaite jamais y retourner. Les aléas de la vie peuvent amener certains individus à devoir repasser par là.

Étape 2 – La solvabilité financière

Lorsque vous lisez des nouvelles comme quoi une proportion importante de la population serait en difficulté financière si un chèque de paie était différé, dites-vous que cette proportion se situe à cette étape dans leur parcours vers l’indépendance financière. C’est-à-dire, ces derniers sont en mesure de répondre à leurs engagements financiers courants mais sont incapable de créer de l’épargne additionnelle afin d’améliorer leur condition financière future ou faire face à un choc sur leurs liquidités.

Analyse : À mon avis, le temps dans lequel on demeure dans cette catégorie peut varier énormément d’une personne à l’autre. Certains y demeureront toute leur vie active et seront condamnés à travailler le plus longtemps possible pour pouvoir subvenir à leurs engagements financiers. Pour certains, profiter du moment présent les interpelle davantage que se priver pour le futur. J’en ai d’ailleurs fait une brève analyse dans mon article « You only live once » où l’art de se mettre les probabilités contre nous. Pour d’autres, dès leur entrée sur le marché du travail leurs revenus seront supérieurs à leur niveau de vie, ce qui leur permet de passer rapidement au niveau suivant.

Étape 3 – Stabilité financière

Lorsqu’on atteint la stabilité financière, nous sommes non seulement capables d’honorer nos engagements financiers courants, mais nous avons suffisamment d’épargne afin de pouvoir se construire un coussin financier permettant de subir une perte de revenus complète sur un horizon court terme (ex : 3 à 6 mois).

Analyse : Ceux ayant passé à travers le niveau 2 d’indépendance financière ne voudront pas selon moi vouloir s’arrêter au niveau 3. À mon avis, on est soit « all-in » sur le moment présent ou on commence à dégager de l’épargne récurrent qui fera en sorte que nous ne serons que temporairement au niveau de la stabilité financière. La durée requise avant d’atteindre ce niveau dépendra du taux d’épargne dégagé. Par exemple, une personne ayant un emploi stable visant à avoir un fonds d’urgence équivalent à 3 mois de dépenses et ayant un taux d’épargne de 25% de son salaire net devrait avoir besoin de 1 an avant d’atteindre la stabilité financière.

Étape 4 – Libre de dette

Alors que certains excluent tout dette hypothécaire, d’autres considèrent qu’un individu ne pourra être dans cette catégorie tant que ses actifs ne seront pas supérieurs au montant résiduel de l’ensemble de ses dettes. À mon avis, on devrait en effet considérer toute forme de dette (incluant l’hypothèque) et on devrait de plus considérer uniquement les actifs liquides. Par exemple, j’ignorerais la valeur de mon régime de retraite ainsi que de ma propriété afin d’établir si mon actif net résiduel est positif.

Analyse : Contrairement aux niveaux 2 et 3 où quelqu’un de financièrement rigoureux peut atteindre en quelques mois seulement, ce niveau demande plus d’effort lorsque nous sommes propriétaires d’un actif immobilier. Personnellement, mon actif net ne serait pas positif si j’ignore la valeur de ma maison et de mon régime de retraite et que je continue à considérer ma dette hypothécaire. Bref, je n’ai pas encore atteint ce niveau mais j’espère y parvenir d’ici quelques années.

Étape 5 – Indépendance financière (minimaliste)

À cette étape, nous avons suffisamment d’actif pour que le revenu qu’on en tire couvre nos besoins primaires (ex : se nourrir, avoir un toit) et ce, jusqu’à notre mort. À ce stade, quelqu’un pourrait théoriquement arrêter de travailler mais ne pourrait se permettre aucun luxe. Par exemple, une personne dépensant annuellement 10 000$ en logement, 5 000$ en nourriture et 5 000$ en toute autre dépense jugée essentielle aurait besoin d’un actif de 500 000$ (en se fiant à la règle de 4% de décaissement) afin de produire suffisamment de cash flows pour couvrir ses dépenses essentielles.

Analyse : Selon moi, quelqu’un qui compte uniquement sur le gouvernement afin de lui procurer un revenu de retraite tombera dans cette catégorie une fois la retraite venue. C’est-à-dire, le revenu de retraite de 25% du salaire moyen fourni par la RRQ ainsi que les prestations fédérales telles la pension de sécurité de vieillesse et le supplément de revenu garantie devraient fournir un montant qui donnera la capacité de subvenir aux besoins minimums de la vie courante, sans beaucoup plus. À mon avis, atteindre cette catégorie sans avoir à compter sur les prestations gouvernementales représente un « milestone » important vers l’atteinte de la liberté financière.

Étape 6 – Liberté financière

Contrairement au niveau précédent, l’atteinte de la liberté financière permet non seulement de pouvoir compter sur nos actifs pour payer nos besoins de base, mais de poursuivre le rythme de vie que nous avons lorsque nous sommes sur le marché de l’emploi. Pour être dans cette catégorie, nous devons donc avoir un niveau d’actifs suffisant pour financer les décaissements qu’on en fera jusqu’à notre mort. Tel que mentionné précédemment, une règle généralement circulée sur le Web est de décaisser 4% de nos actifs annuellement. Bref, si 4% de vos actifs représente votre niveau de dépenses courant, vous devriez théoriquement être libre financièrement.

Analyse : Je crois que tout le monde devrait viser à atteindre cette étape au moment où ils souhaitent prendre leur retraite. Comme j’en faisais part dans cet article, je crois pouvoir être en mesure d’atteindre cela uniquement vers 48 ans. Certains blogueurs ont toutefois réussi à atteindre cet objectif beaucoup plus rapidement.

Niveau 7 – Abondance financière

Une fois la liberté financière atteinte, pourquoi ne pas aller plus loin ? Alors que la liberté financière « contraint » à conserver le rythme de vie que nous avons durant notre vie active, les personnes en situation d’abondance financière ont en quelque sorte « trop » d’actifs pour répondre à leurs besoins de consommation.

Analyse : À mon avis, les personnes en situation d’abondance financière sont à la recherche de quelque chose de plus qu’uniquement la situation financière. Par exemple, des patrons d’entreprise qui pourraient théoriquement prendre leur retraite demain matin sont à mon avis plutôt à la recherche du sentiment d’accomplissement de bâtir quelque chose qui va au-delà de leur situation financière personnelle. Lorsque je lis des textes dans la communauté FIRE, je vois rarement des auteurs qui font la promotion d’abondance financière. En effet, ces derniers s’arrêtent généralement au niveau précédent et préfèrent utiliser leur temps à d’autres fins que de continuer à se construire une position d’actifs plus importante. Personnellement, dans l’éventualité où j’atteindrais la liberté financière d’ici le délai anticipé, je ne serais pas fermé à l’idée de me diriger vers l’abondance financière sans toutefois revoir mon rythme de vie à la hausse et ce, car j’aime suffisamment mon travail pour continuer à travailler et pour bâtir des actifs additionnels que je pourrai léguer à ma succession. Je ne considèrerai pas comme un échec si j’accumule davantage d’actifs durant ma vie que ce que j’aurais pu me permettre de dépenser, tel que j’en ai fais part dans mon article Comment établir son taux d’épargne optimal ?

Étape 8 – Le top du top

Cette catégorie correspond à ceux ayant une fortune personnelle si importante que plusieurs de leurs générations futures n’auront jamais à se soucier de question d’argent. À ce moment, l’argent est principalement déployée à d’autres causes que personnelles (ex : investissement privé dans d’autres entreprises, œuvres philanthropiques, etc). Pratiquement personne ne réussira à atteindre cette catégorie et il faudra beaucoup d’effort / de talent / de chance pour l’atteindre.

Analyse : Je ne me compte pas d’histoire, je m’attends à ne jamais atteindre cette catégorie. Je trouve toutefois fascinant lire sur ceux qui ont réussi à y arriver.

Pour conclure, je juge que la durée durant laquelle nous resterons dans les 4 premières étapes dépendra principalement du différentiel de nos revenus vs nos dépenses. À partir de l’étape 5, l’aspect « investissement » prend à mon avis une place de plus en plus importante dans la mesure où à un certain moment, l’évolution de notre actif net dépend davantage de nos placements que de notre épargne annuelle.

De votre côté, où vous situez-vous actuellement ? Combien de temps vous donnez-vous avant de passer à la prochaine étape ?

6 avis sur « Liberté financière: à quelle étape vous retrouvez-vous ? »

  1. Nous sommes présentement à l’étape 3. Nous économisons pour une maison et on va essayer de garder le même niveau de paiement et de qualité de vie pour continuer à investir. De notre côté ce qui a beaucoup aider à atteindre ce niveau c’est vraiment le contrôle des dépenses. Moins de dépenses coup de tête et essayer de réparer ou réutiliser ce que nous avons au lieu de jeter.

    • Salut Xavier,

      Le contrôle des dépenses représente à mon avis la première étape et la plus tangible pour commencer à se dégager de l’épargne. J’essaie moi aussi autant bien que mal d’aller de l’avant vers la réparation plutôt que l’achat. Autre truc que j’ai appris parfois à mes dépens, parfois il vaut mieux investir davantage à court terme sur quelque chose de qualité que d’acheter quelque chose qui brisera plus rapidement mais pour moins cher. Bref, avoir un horizon long terme lors de notre achat et non pas juste penser au « hit » sur nos dépenses.

      Bonne poursuite dans la recherche de maison !

  2. J’ai longtemps été coincé a l’étape 3 mais grace a un héritage j’en suis a l’étape 4 a 27 ans.
    Je n’ai aucun mérite mais grâce a ca je crois être capable d’atteindre l’étape 6 dans la début quarantaine.
    Très bien schématiser ces étapes sinon.

    • Je serais curieux de savoir la proportion de la population qui est en mesure de se rendre à l’étape 6 au début quarantaine. Ça doit être infime. Toutes mes félicitations !

      Merci pour les encouragements !

  3. Salut!

    Je suis dans un mélange d’étapes. Je m’explique : j’ai encore un prêt hypothécaire, car, selon moi, il est plus judicieux d’utiliser mes fonds pour remplir mes REER/CELI/REEE que de rembourser mon hypothèque. En outre, les surplus servent à investir comme partenaire passif et prêteur privé. Mes ROI sont beaucoup plus élevés que les intérêts que je paie sur ma propriété. De plus, ces investissements génèrent des revenus récurrents.

    Par conséquent, si mon mari ou moi devenions invalides, nous recevrions quand même des sommes. Nous ne dépendrions pas uniquement de nos revenus d’emploi/commissions.

    Finalement, je suis un mélange des étapes 4 et 5.

    J’aimerais bien être au niveau 7 à ma mort pour que mes enfants ne manquent de rien.

    • Bonjour Annie !

      Tout à fait aligné avec ta pensée comme quoi avec des taux hypothécaires aussi bas, il vaut mieux investir ses liquidités dans des placements plus attrayants d’un point de vue rendement. Comme tu en fais part, ces liquidités peuvent en plus servir comme base de décaissement en cas d’invalidité court terme (vaut toujours mieux aussi avoir une couverture minimale d’invalidité!).

      Personnellement, j’aime l’idée d’avoir un portefeuille d’actifs que je peux gérer à ma guise. C’est ce qui m’attire en partie vers le niveau 7 en plus de l’aspect succession. Personnellement, je me suis toujours dit qu’au delà d’actifs boursiers pour lesquel je mets actuellement l’emphase, j’aimerais dans un prochain temps pouvoir inclure dans mon portefeuille des éléments plus « tangibles » (omis ma maison) tels que des terres, des parts d’entreprise privées ou des actifs fournissant un revenu fixe (ex: immeubles à revenus). Personnellement, j’éprouve plus de plaisir à « gérer » mon portefeuille que de dépenser. Pour pouvoir bâtir ces actifs, il faut en quelque sorte viser l’abondance.

      Bonne journée!

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