Je me suis initié au minimalisme

Comme vous tous, ma vie a été affecté de manière importante au cours de la dernière année en raison des diverses mesures sanitaires en place. Le fait de passer plus de temps chez soi a probablement permis à certains d’entre vous de trouver le temps de redécouvrir des passions, de recentrer votre horaire du temps sur votre famille et même de découvrir des talents que vous ne pensiez avoir. De mon côté, un « dada » que je me suis découvert est d’écouter du contenu qui traite du minimalisme. Bien que le sujet ne semble pas « sexy » à la base, il en demeure que je crois que ce dernier a tout son sens dans la société de consommation dont nous faisons partie.

Mon parcours de consommateur

Mon histoire n’a absolument rien de sensationnel. J’ai gradué de l’université il y a de cela plus d’une décennie. Ayant alors trouvé un emploi à Toronto, j’ai quitté le cocon familial en amenant avec moi la majorité des biens que je détenais à ce moment. Je me souviens m’être loué un camion U-Haul 10 pieds qui ne pouvait contenir bien plus que mon lit, ma commode, une table de chevets et quelques objets qui m’étaient précieux (mon ordinateur portable, mon iPod nano et 2-3 paires de souliers de marche pour l’extérieur).

Bien que je n’aie jamais été un avide consommateur, je ne m’étais jamais vraiment remis sérieusement en question à savoir si tout ce que j’avais acheté par le passé était encore pertinent dans ma situation actuelle. Ayant acheté une maison 4 chambres en 2015, j’avais en masse d’espace pour entreposer tous mes biens. Au fil du temps, mes garde-robes se sont tranquillement remplis au point où avec l’arrivée de Mini-Épargnant, j’ai dû faire face à la dure réalité où mes entrées nettes de biens chez moi m’amenait inévitablement vers un manque d’espace dans un avenir plus ou moins rapproché.

Frugalité ne veut pas dire minimalisme

Ceux qui me connaissent personnellement pourront vous dire que je suis quelqu’un qui est à la base « frugal » et « optimisateur ». En ce sens, mes décisions de consommation ont historiquement été faites dans une optique d’optimiser le volet financier de ma vie. Ainsi, je m’assure que chaque décision de consommation me permette de répondre à un besoin et non un désir ponctuel. De plus, je m’assure de bien cerner mes besoins et tente de minimiser l’influence externe telle que la publicité sur mes décisions de consommation. Finalement, lorsque j’achète un bien donné je m’assure d’utiliser le plus efficacement mon capital ; que ce soit en évitant de payer un « mark-up » pour un objet de marque ou au contraire, payer un « mark-up » afin d’avoir un objet de meilleure qualité qui me durera plus longtemps et qui me permettra sur le long terme d’être gagnant financièrement. En ce sens, la frugalité repose à mon avis essentiellement sur le concept d’argent.

En contrepartie, le minimalisme repose plutôt sur le concept de valeur. Selon cette philosophie, tout ce qui est dans notre vie devrait nous amener de la valeur ; que ce soit les objets qu’on détient, les relations que nous entretenons ou l’allocation de notre temps. Si quelque chose ne nous amène pas de valeur, nous y allouons une partie de notre vie (ex : espace dans lequel nous vivons, notre temps personnel, etc.) sans en retirer de bénéfices. Dans cette optique, il vaut mieux s’en départir afin d’avoir l’opportunité de faire rentrer dans notre vie une alternative qui nous amènerait davantage de valeur. La nature humaine nous amenant naturellement vers le statut quo et à remplir les espaces vides que nous avons, il est évident que si nous ne prenons pas l’initiative de « faire le ménage » de notre vie, cette dernière s’accumulera au fil du temps d’éléments qui n’optimisent pas la valeur courante que nous pouvons en retirer. Dans le pire des cas, on peut même laisser entrer dans notre vie des éléments destructeurs de valeur tels que des relations toxiques. En ce sens, la personne qui s’initie au minimalisme doit dans un premier temps faire un ménage des différentes sphères de sa vie afin de questionner, filtrer et conserver uniquement ce qui lui procure le plus de valeur. Bien que la première sphère naturelle à débuter repose généralement sur les biens qu’on détient, cela s’étend au-delà de l’aspect matériel. Une fois ce premier exercice effectué, un combat de tous les instants s’amorce afin de s’assurer que nous ne laissions pas rentrer à nouveau dans nos vies des éléments ajoutant peu de valeur.

Une bonne défensive, mais une mauvaise offensive

Bien que je crois qu’une personne frugale puisse plus naturellement devenir minimaliste qu’une personne qui ne l’est pas, il en demeure que cela ne vient pas systématiquement et sans effort. Pour faire une comparaison boîteuse, je crois que jusqu’à maintenant j’étais la version des années 2010 du Canadien de Montréal. Ma défensive était potable mais j’avais une attaque de tire-poids. C’est-à-dire, mon attitude frugale m’amenait certains mécanismes empêchant l’entrée rapide de nouveaux éléments dans ma vie. En ce sens, j’avais une relativement bonne « défensive » face à l’accumulation de biens et je m’assurais de faire entrer dans ma vie uniquement des biens qui me permettaient de répondre à des besoins précis tout en minimisant le superflu. Toutefois, n’ayant jamais pris le temps de remettre en question mon accumulation passée d’objets afin de questionner si ces derniers amenaient toujours de la valeur et m’en départir au besoin, je juge que mon « offensive » n’était pas adéquate. La meilleure arme offensive que je détenais était le ménage annuel de mon garde-robe de vêtements afin de me départir de mon linge désuet (la qualité de cette arme offensive est aussi menaçante qu’un Scott Gomez sur le déclin).

Ne pas confondre minimalisme et privation

D’un point de vue externe, le minimalisme pourrait être vu comme une forme de privation. Si vous prenez le temps de chercher des vidéos sur le sujet sur Youtube, je suis certain que vous tomberez sur au moins un vidéo d’une personne qui pousse le concept à l’extrême et qui montre comment cette dernière est en mesure de fitter tous ses objets personnels à l’intérieur de son sac à dos. Cette forme caricaturale ne représente pas comment je vois la chose. Plutôt qu’être une forme de privation, je vois plutôt le minimalisme comme un état d’esprit me permettant de filtrer en temps continu ce qui entre dans ma vie. En ce sens, mon objectif n’est pas de minimiser le nombre d’objets que je détiens, mais davantage maximiser la valeur de tout ce que je fais entrer (objets, relations, etc.). Cela rejoint en quelque sorte mon objectif d’indépendance financière dans la mesure où l’objectif est dans les deux cas de maximiser le concept « d’utilité » que j’avais abordé dans un article précédent.

Quelques ressources intéressantes

Pour ceux qui s’intéresseraient sur le sujet, il y a quelques ressources que je trouve particulièrement intéressantes.

Matt D’Avella est probablement l’une des figures les plus connues du minimalisme. Ce dernier se démarque avec ses talents de réalisateur et la qualité épurée de ses vidéos. Au-delà du minimalisme, il aborde beaucoup de sujets de « self improvement » tels que la méditation pleine conscience, la pertinence d’avoir une bonne routine matinale, etc.

Joshua Becker produit des petites capsules faciles à regarder. Avec l’arrivée d’un enfant, je me doute bien que le risque est élevé que ma maison devienne un « ramassis de clutter » si je ne prends pas les choses en main. Celui-ci donne quelques trucs sur comment pouvoir être minimaliste même avec des enfants.

Finalement, « The Minimalists » se distinguent par les discussions de fonds qu’ils ont dans leur balado. Bien que j’aime moins l’aspect « preacher » qu’ils peuvent parfois avoir, ils demeurent un incontournable pour toute personne qui s’initie au sujet.

De votre côté, vous considérez-vous minimaliste dans votre vie de tous les jours ? Quels trucs vous donnez-vous afin de minimiser le « clutter » dans votre vie ?