J’ai économisé 17 000$ sur mon épicerie depuis 5 ans

Après les dépenses liées à l’habitation et au déplacement, l’épicerie représente généralement le poste budgétaire qui suit en importance. Je faisais d’ailleurs part dans un article antérieur de la répartition des dépenses pour un couple québécois sans enfants. En moyenne, ce dernier dépenserait approximativement 6200$ par année en épicerie, ce qui représente une dépense hebdomadaire de 120$. Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait eu une levée de bouclier lors de l’élection provinciale de 2018 lorsque Philippe Couillard avait mentionné qu’il était possible pour une famille de dépenser en moyenne 75$ hebdomadairement pour se nourrir. J’ai fait le test sur quatre semaines d’analyser l’ensemble de mes dépenses en épicerie afin de décomposer les économies dont je suis en mesure de réaliser.

Notons tout d’abord que la facture moyenne d’épicerie de mon couple au cours des dernières années a avoisiné les 65$ hebdomadairement. Afin de mieux comprendre dans quelle mesure je suis capable de générer des économies, j’ai décomposé mon panier d’épicerie en 5 catégories. La répartition de ma facture par catégorie se retrouve ci-dessous.

On remarque d’entrée de jeu que la répartition de ma facture en viande ne représente que 7.7% de mes dépenses en alimentation. J’estime la proportion de cette catégorie aberrante par rapport à la population moyenne, ce qui me donne comme indice que dès le départ, mon régime alimentaire m’amène des économies.

Pour fin de cet exercice, j’ai décomposé les sources d’économie en trois grandes catégories :

  • Effet de volume
  • Choix de l’épicier
  • Achat d’articles à rabais

Comme le démontre le graphique ci-dessous, la magnitude de chaque source d’économie peut varier d’une catégorie de produit à l’autre.

Afin de vous aider à mieux comprendre ce graphique, analysons ensemble la catégorie des « œufs et produits laitiers ». Lors de mes 4 dernières semaines d’épicerie, j’ai noté le prix relatif de tous les produits entrant dans cette catégorie et j’ai tenté d’évaluer quel aurait été le prix le plus élevé que j’aurais pu payer. On remarque que le fait d’acheter des volumes plus importants (ex : 4 litres de lait plutôt que 1 litre) m’a amené une économie d’approximativement 30% (bande en mauve). L’achat de ces produits dans une épicerie plus « bas de gamme » m’a par la suite amené une économie additionnelle de 15% (bande verte). Bien que j’aie tenté de bénéficier de rabais, cela m’a amené tout au plus de 7% d’économie (bande rouge). En cumulant l’ensemble de ces sources, j’ai été en mesure de sauver approximativement 50% sur ma facture d’épicerie pour cette catégorie de produit vs un scénario où j’aurais acheté tous mes produits avec 1) des petits volumes, 2) à plein prix et 3) dans une épicerie plus « haute gamme ».

Ce qui est intéressant de constater, c’est que selon la catégorie d’article la magnitude de l’économie par source peut être plus ou moins importante. Par exemple, dans le cas des fruits et légumes, c’est vraiment le choix du magasin où je vais qui m’amène des économies plutôt que les rabais ou économies d’échelle. Malgré ces différences, les économies réalisées pour chaque catégorie de produit dépassent généralement 50%. Sachant que la facture moyenne de mon panier est de 65$, vous aurez donc compris que je sauve environ 65$ par semaine (3 400$ annuellement) par rapport au scénario le moins optimal, ce qui équivaut à environ 17 000$ sur 5 ans. Pour réaliser de telles économies, je laisse sur la table à mon avis 2 éléments :

Élément 1 – L’expérience client

Contrairement à d’autres épiciers, mon parcours dans les allées n’est pas agrémenté d’odeurs de pain chaud tout juste sorti du four. Je ne me fais pas non plus offrir de bouchées au bout des allées afin de stimuler mes papilles gustatives qui pourraient m’amener à consommer un produit qui n’est pas sur ma liste. Pour rester poli, disons que le design de mon épicier est plutôt sobre. Comble de malheur, je dois même emballer par moi-même mes sacs d’épicerie ! Malgré ces « inconvénients » temporaires, je réalise à mon avis des économies permanentes et ce, pour un besoin (s’alimenter) qui demeure répondu.

Élément 2 – Le choix sans contrainte

En tant que consommateur, on se doit de profiter du concept d’élasticité qui s’offre à nous pour les produits d’alimentation. De manière générale, pour une catégorie de produit donnée une marque ou une alternative au produit est généralement offerte à rabais. Le jus à l’orange Oasis n’est pas à rabais cette semaine ? Pas grave, le jus de pomme Minute Maid fait tout aussi bien l’affaire.

Étant donné le choix important d’alternatives qui nous est offert pour un produit, il fait généralement peu de sens de payer le plein prix pour un item donné. Cela m’amène toutefois à soit 1) « limiter » mes choix vers les articles qui offrent les meilleurs économies au moment de mon achat ou 2) attendre un moment plus opportun pour l’achat d’un article donné.

Malgré que je vise à minimiser mon coût de panier d’épicerie, je me suis doté de quelques concepts fondamentaux auxquels je ne déroge pas :

  • Je ne compromettrai jamais la qualité de mon alimentation uniquement pour faire des économies, que ce soit par des produits moins frais ou moins santé;
  • Je me limite à deux épiceries ayant 2 minutes d’intervalle à véhicule pour effectuer mes achats. Le temps, c’est de l’argent;
  • Je ne perds pas mon temps à tenter de faire du « couponing » pour me sauver quelques dollars de plus. Je juge que les habitudes que j’ai su mettre de l’avant me permettent de réaliser des économies substantielles sans aucun effort.

Dans un dernier temps, j’ai constaté via cet exercice que le niveau de points dont je suis en mesure d’amasser via les programmes de fidélité m’amène un « rabais » additionnel de l’ordre de 3% à 5%. Sachant qu’une compagnie d’alimentation tel que Loblaws réalise une marge d’opération de l’ordre de 4% annuellement, je me demande comment mon épicier engrange un profit via ma consommation.

De votre côté, à combien revient votre facture hebdomadaire d’épicerie ?

6 réflexions sur « J’ai économisé 17 000$ sur mon épicerie depuis 5 ans »

  1. Notre facture d’épicerie est entre 120$ et 185$ à chaque semaine (famille de trois). Je dirais qu’en plus des aliments, il faut acheter un trucs ou deux assez cher à peu près à toutes les semaines (litière pour le chat, bouffe du chat, couches, savon pour la lessive ou le lave-vaisselle) et je sais pas si ces items sont inclus dans la catégorie « autre » de votre graphique. Sans enfant, on achèterait pas certains trucs non plus, comme des yogourt à boire patte patrouille (vous essaierez de dire à un enfant de trois que cette semaine ils étaient pas en spécial et qu’on a pris les yoplait à la place et de se passer de Marcus et Stella). Mais, également, on fait notre plan de repas sans regarder les spéciaux mais en fonction de ce qu’on souhaite manger, en allant au Provigo qui est l’épicerie la plus proche de chez nous, ce qui augmente sans aucun doute la facture.

    • En effet, j’inclus dans la catégorie « Autres » des éléments de ce type (ex: papier de toilette, savon, etc.)

      Je suis d’accord qu’avec des enfants, ça doit clairement changer la dynamique. L’aspect « choix sans contrainte » dont je mets de l’avant dans l’article devient un inconvénient beaucoup plus important par rapport à ma situation. On est donc plus forcé de payer le plein prix et moins profiter du concept « d’élasticité » que j’aborde dans l’article!

  2. Merci Petit Épargnant! C’est toujours plaisant te lire!!
    Je me demande comment l’effet « restaurants incluant les repas à rabais fournis par l’employeur » est pris en compte dans l’analyse? Pour mieux situer ma question : si on regarde les dépenses en alimentation comme un tout, plus une personne mange au restaurant et moins elle a besoin d’une grosse facture d’épicerie et vice-versa. Est-ce que cela peut venir jouer dans l’écart avec la population?

    • Salut Marie-Ève,

      Je crois que l’essence principal de mon article est de mieux comprendre comment, par source d’aliments, les économies sont générées. Un lecteur peut ainsi tenter de traduire le niveau d’économies qu’il pourrait générer selon son propre profil (i.e. son allocation dans chaque type d’aliments, le nombre de ses repas au resto, le nombre de fois qu’il reçoit chez lui).

      Personnellement, ma facture « absolue » d’épicerie de 65$ par semaine est selon moi aberrante. Tout d’abord, comme j’en fais mention d’entrée de jeu la facture moyenne d’un couple au Québec est de 120$ par semaine. Or, même si j’étais le plus inefficace qui soit je me retrouverais à 130$. Je me doute qu’en moyenne les gens sont plus efficaces qu’au point de générer « seulement » 10$ d’économies par semaine. Je crois que le lecteur devrait donc plutôt analyser cela sur base « relative » et non pas se comparer au 65$. D’ailleurs, le 17 000$ dont je fais référence dans le titre est par rapport aux économies selon mon profil (130$ vs 65$) et non pas selon la moyenne (120$ vs 65$).

      J’espère que cela a répondu à ta question !

  3. Je suis curieux de savoir quel est le magasin qui a tant d’impact au niveau du prix des fruits&légumes et de la viande ? Maxi ? Super C ?

    P.S : J’adore le blog, je suis un long-time lurker, premier commentaire 😉 Parmis la longue liste de blogs sur le site du Jeune Retraité, le votre est mon favori !

    • Merci beaucoup pour le bon commentaire !

      Mon magasin de fruits et légumes et Fruiterie 440. De manière générale, la qualité est au rendez-vous et j’ai vraiment noté des différences de prix assez majeures entre les articles vs les autres épiceries. L’inconvénient majeur de ce magasin, c’est qu’il y en a peu donc plusieurs y renonceront à y aller en raison du détour que ça amène (de mon côté, c’est sur mon trajet pour me rendre au travail donc je suis chanceux). J’habite Québec et à ma connaissance il y en a un seul…

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