Dissiper le brouillard sur ses dépenses, un exercice de 15 minutes par mois

À la base de tout plan financier, on se doit d’avoir en place des mesures quantitatives dont nous pouvons suivre l’évolution dans le temps. En effet, autant la personne vivant à crédit qui souhaite se reprendre en main que celle ayant comme objectif d’être indépendant financièrement à court terme auront besoin d’une base d’analyse afin de déterminer si leur plan d’action tient la route. Cet article vise à vous présenter l’outil que j’utilise pour suivre mensuellement mes dépenses. La mise à jour mensuelle de cet outil requiert 15 minutes de mon temps dans la mesure où mon institution financière me fournit des rapports mensuels sur mes dépenses de cartes crédit et débit que j’intègre en intrant. Pas d’excuse donc d’être aveugle sur son profil de consommateur !

Comment j’en faisais part dans mon article Mon saut vers la liberté financière, l’un des piliers vers l’atteinte de l’indépendance financière est un contrôle accru de ses dépenses. Je mentionnais d’ailleurs dans cet article comme quoi je suis de la vieille école dans la mesure où malgré la multitude d’applications qui existent afin d’effectuer le suivi de ses dépenses personnelles (source), je préfère avoir mes propres outils que je peux adapter à ma convenance. Alors que cette approche m’amène à perdre l’opportunité de suivre mes dépenses en temps réel (ou presque), elle me procure l’avantage de pouvoir conserver un historique de données brutes que je pourrai réutiliser comme bon me semble dans le futur pour établir des axes d’analyse. Vous trouverez dans le reste de cet article les principaux axes que je regarde.

Axe 1 – L’analyse de mes dépenses par catégorie (habitation, transport, divertissement, etc.) et sous-catégories (catégorie transport : paiements véhicule, essence, prime auto, réparations, etc.)

Rien de bien original à ce niveau, la majorité des applications de suivi de dépense présentent des graphiques montrant la répartition de notre consommation par catégorie. L’avantage d’avoir un outil maison demeure la capacité de créer les catégories et sous-catégories comme bon nous semble et surtout de de pouvoir appliquer ces catégories sur nos dépenses antérieures et ce, de façon rétrospective.

Le graphique ci-dessous m’indique que mon profil de consommateur a peu changé depuis 2016. Je note toutefois une croissance constante dans le montant de dépenses consacré aux vacances / voyage. Malgré tout, la majorité des dépenses par catégorie demeurent autour d’un point d’équilibre.

Axe 2 – L’analyse de la proportion des dépenses récurrentes vs non-récurrentes (discrétionnaires vs non-discrétionnaires)

Il est important de comprendre la proportion de mes dépenses qui surviendront de manière récurrente à une fréquence donnée vs celles qui ne le sont pas dans la mesure où 1) cela simplifie mon processus budgétaire et 2) cela me permet de comprendre quelle proportion de mes dépenses j’ai un certain contrôle à court terme dans l’éventualité où j’aurais une baisse de revenus (perte d’emploi, invalidité, etc.). En effet, je juge que mes dépenses de type non-récurrentes et discrétionnaires sont celles pour lesquelles j’ai le plus grand contrôle sur leur niveau à court terme alors que celles de type récurrentes nécessiteront potentiellement à ce que je me départisse d’un bien (véhicule, maison) si je souhaite réduire ces dernières. Je considère les dépenses de type non-récurrentes et non-discrétionnaires comme étant celles pour lesquelles j’ai le plus faible contrôle en raison du caractère imprévisible de ces dernières. Je classe dans cette catégorie des dépenses telles que les visites chez le dentiste, réparation de véhicule, certains travaux sur la maison (ex : toiture), etc. Heureusement, cette catégorie de dépenses ne représente pour moi que 5% en moyenne de l’ensemble.

Notez que cet axe d’analyse me permet de mieux comprendre quels sont mes engagements financiers et mes dépenses frivoles afin de déterminer le niveau de fonds d’urgence à détenir.

Axe 3 – Évolution du taux d’épargne cumulatif

Comme je le mentionnais dans mon article Comment établir son taux d’épargne optimal?, je cible un taux d’épargne sur lequel je tente de ne pas dévier afin de maximiser mon utilité et d’atteindre mon objectif d’indépendance financière selon l’horizon de temps que je me suis établi. Cette mesure est clé car ultimement peu importe la répartition de mes dépenses, ce qui prime est l’épargne que je suis en mesure de tirer et d’investir afin de bâtir mon actif net. En analysant de façon plus détaillée ce taux d’épargne, je remarque une variabilité importante au cours des premiers mois de l’année (revenus plus instables), suivi d’un point d’équilibre atteint par la suite lorsque certaines « grosses dépenses » (vacances, travaux d’entretien) sont encourues. De manière générale, mon taux cumulatif au mois de décembre avoisine un niveau similaire d’année en année.

Axe 4 – Ad-hoc

Comme j’en faisais part d’entrée de jeu, avoir accès à ses données brutes de consommateur permet d’étendre le potentiel d’analyse sans être contraint par les capacités offertes par une application qui a accès à nos données financières et qui nous donne des rapports pré-formatés. Par exemple :

  • Comment se répartissent mes dépenses de restaurant ?
  • Combien ai-je dépensé en moyenne par visite à un commerce donné ?

Cette information peut permettre de mieux me cerner en tant que consommateur afin d’établir si j’adopte des comportements à améliorer dans le futur (ex : achats impulsifs)

Limitations de l’outil

Évidemment, ce type d’analyse est limité au niveau de détail que vous fournirez en intrant lors de la compilation de vos dépenses mensuelles. Les personnes dont différents types de dépenses se font à un même commerce devront décomposer l’information de leurs relevés afin de bien catégoriser leurs achats. Par exemple, une facture de Costco de 450$ peut comprendre autant de l’épicerie, des vêtements et de l’électronique. Dans un deuxième temps, cette approche implique de limiter au minimum l’utilisation d’argent en espèce afin d’éviter les entrées manuelles et obtenir un portrait global de ses dépenses.

Alors que certains sont répugnés à l’idée même de faire un budget, j’apprécie de mon côté la période de 15 minutes que je me réserve en début de mois afin de compiler mes relevés de dépenses du mois précédent et savoir où je me situe par rapport à mes prévisions budgétaires.

De votre côté, quels sont les axes d’analyses que vous utilisez afin de suivre vos dépenses ? Êtes-vous du type outils maisons ou applications existantes pour effectuer vos suivis ?