Des économies de bouts de chandelles…vraiment ?

Loin de moi l’idée d’avoir l’air cheap, mais je crois au dicton « il n’y a pas de petite économie ». En effet, un petit geste qui semble au départ négligeable peut devenir important lorsqu’on l’accumule sur le long terme à d’autres petits gestes semblables. Comprenez-moi bien, je ne m’empêcherai jamais de faire une action ou acheter un item que je juge nécessaire uniquement pour économiser quelques dollars. Toutefois, j’évaluerai toujours comment agir de manière optimale en tant que consommateur pour répondre à mon besoin. Ce texte vise à quantifier à l’aide d’exemples l’impact futur de mauvaises habitudes courantes.

Vous avez probablement tous déjà lu un texte mentionnant comme quoi il vaut mieux commencer à épargner tôt afin de pouvoir tirer maximum de l’effet de l’intérêt composé dans le temps. Ces textes sont généralement joints d’une courbe montrant un dépôt initial de X$ (ex : 5 000$) qui s’accumule sur un horizon de temps donné. Le graphique ci-dessous en est un exemple pour un rendement anticipé de 6%. On voit qu’un dépôt de 5 000$ placé à 6% vaudra plus de 28 000$ dans 30 ans. Wow!

De manière similaire, les petits gestes qu’on pose font en sorte de dégager de l’épargne pouvant être placée et qui, à force de s’accumuler dans le futur, pourraient représenter une somme intéressante sur le niveau d’actif détenu et la consommation additionnelle qu’on pourra en faire à ce moment. Tel que mentionné dans mon dernier article, un décaissement de l’ordre de 4% de notre actif permettrait théoriquement de nous assurer de ne pas survivre à nos épargnes. En appliquant cette règle, on peut ainsi évaluer comment nos bonnes habitudes auront une incidence sur notre niveau de consommation future. Les exemples ci-dessous assument que les économies dégagées sont placées dans des actifs rapportant 6% annuellement pendant 30 ans. L’inflation prévue est de 2%.

Exemple 1 – Nathan l’amateur de café

Lorsque Nathan se lève le matin, ce dernier a peu de temps à sa disposition pour se préparer. Malgré tout, il a pris la fâcheuse habitude depuis qu’il a débuté sa carrière de professionnel à s’arrêter au resto du coin chercher un café pour la route. Il aime la sensation de tenir son gobelet chaud et l’odeur de la caféine dans son véhicule. Il est même excité, lorsque vient le temps des promotions annuelles de sa chaîne de restauration favorite, d’avoir la possibilité de gagner un beigne gratuit à l’achat de son café ! Ces petits avantages compensent suffisamment le désagrément causé à attendre tous les matins 15 minutes en queue leu leu avec d’autres véhicules au service à l’auto où son moteur brûle du gaz dans le vide. Plutôt qu’amener dans une tasse à emporter son café préparé chez lui au coût de 10 cents la tasse, Nathan préfère payer 2$ + taxes son café journalier (2.30$). Cet écart de 2.20$ sur son budget réduira son niveau d’actif de plus de 50 000$ au bout de 30 ans. En assumant la règle de 4% mentionnée précédemment, cela équivaudra à plus de 2 000$ de consommation annuelle, soit 1 100$ en dollars d’aujourd’hui (en considérant l’inflation).

Cet exemple est le cas typique comme quoi nos petites habitudes prennent une ampleur importante dans le temps.

Exemple 2 – Chloé la milléniale branchée

Chloé consomme la majorité de son information sur le Web. En tant que milléniale branchée, fini pour elle le câble et la ligne dure. Faisons plutôt place à un forfait internet haute vitesse et cellulaire qui lui permettra de rester en tout temps en contact avec ses amis. Pour elle, pas question de se casser la tête afin de choisir son forfait. Vitesse de téléchargement de 1,5 Gbit/s et utilisation de données illimitée, rien n’est trop beau pour pouvoir avoir accès en tout temps et rapidement à ses médias sociaux favoris. Après tout, les économies réalisées à débrancher le câble et la ligne dure peuvent être déployées à augmenter nos autres services, n’est-ce pas ? Malgré qu’un forfait d’une petite compagnie réponde à ses besoins et lui permettrait d’économiser plus de 45$ par mois, Chloé est allée vers la voie facile et a choisi le forfait « Cadillac » auprès d’une grande firme de télécommunication connue. Cette décision s’avèrera toutefois coûteuse à long terme, car cela amputera de plus de 56 000$ son actif au bout de 30 ans, soit 1 250$ de consommation annuelle en valeur d’aujourd’hui.

Cet exemple démontre comme quoi nous devons toujours acheter des biens ou services qui répondent à nos besoins, sans les excéder.

Exemple 3 – Martin déteste se faire à manger

Martin est un jeune homme qui accorde une valeur importante à son temps. Pour lui, pas question de passer une partie de sa soirée à cuisiner ses soupers et ses lunchs du lendemain. Martin préfère plutôt utiliser les services d’une compagnie qui lui fait parvenir hebdomadairement des repas pré-emballés qui ne demandent qu’à être cuisinés directement sur la cuisinière. Cette alternative l’amène à avoir des soupers qui lui coûtent en moyenne 9.5$ par repas, par rapport à une alternative de 4$ en moyenne s’il cuisinait lui-même ses plats. De plus, chaque midi de la semaine ce dernier se rend à son casse-croûte favori près de son travail acheter un repas chaud plutôt qu’apporter sa nourriture et la faire chauffer au micro-onde. Cette habitude ampute son budget d’un montant additionnel de 5$ par repas du midi. En cuisinant lui-même ses repas, Martin pourrait économiser plus de 2 100$ annuellement, soit un impact de 240 800$ sur son actif au bout de 30 ans. Cela équivaut ainsi à une perte de consommation de plus de 5 300$ en dollars d’aujourd’hui.

Cet exemple vise à quantifier le coût de la paresse et de la valeur du temps. Dans cet exemple, Martin économise du temps à court terme sur ses repas. Ce dernier pourrait devoir travailler sur une plus longue période de temps toutefois pour bâtir son actif de retraite. Il perd donc ce temps sur le long terme.

Exemple 4 – Sophie aime la mode

Sophie aime renouveler son garde-robe lorsque les nouvelles tendances annuelles de la mode arrivent. Cette année, c’est le vert kaki qui est la couleur automnale mise à l’honneur. Plus question donc de se promener avec des morceaux de couleur jaune canari car cela fait tellement 2018. Pour s’assurer de toujours être alignée avec ce que portent ses mannequins préférées, Sophie se consacre un budget de 150$ mensuellement au-delà de ses besoins de base en vêtements. Afin d’être toujours « in », Sophie aura cumulé au bout de 30 ans des dépenses de 187 500$, pour une baisse de consommation annuelle de 7 500$ (4 100$ en dollars d’aujourd’hui).

Cet exemple vise à mettre en lumière l’impact de l’influence externe sur notre comportement en tant que consommateur.

Tous les exemples dans ce texte présentent des personnes qui ont des besoins qui auraient pu être répondues autrement tout en permettant au « héro » d’économiser des sommes qui, sur le long terme, ont une influence importante sur notre actif.

  • Nathan pourrait faire son café d’une qualité équivalente chez soi et ce, pour une fraction du prix. Cela lui économiserait par le fait même du temps
  • Chloé pourrait diminuer son forfait pour l’arrimer plus adéquatement avec ses besoins
  • Martin pourrait investir un peu de son temps court terme pour cuisiner davantage afin de se nourrir et ainsi, économiser du temps à long terme
  • Sophie devrait uniquement acheter des morceaux de linge « coup de cœur », c’est-à-dire ceux pour lesquels elle éprouvera une satisfaction à les porter sur plusieurs années plutôt qu’a toujours revoir son garde-robe en fonction des modes actuelles qui sont vouées à être remplacées

Pour vous aider à quantifier combien peuvent valoir dans le futur vos habitudes courantes, je vous invite à télécharger le fichier ci-dessous qui a servi de support aux chiffres de cet article.

Avez-vous d’autres exemples de comportements qui pourraient avoir des répercussions importantes à long terme sur la valeur de votre actif ?

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