Comment réduire de 35% ses coûts d’automobile ?

Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que détenir une voiture, ça coûte cher ! D’un point de vue personnel, de 2016 à 2018 mes coûts de transport ont représenté approximativement la moitié des coûts reliés à mon habitation (paiements hypothécaires, taxes, électricité, entretien, etc.). Alors que d’un côté je me bâtis de l’équité sur un actif qui devrait prendra de la valeur à long terme, mon véhicule est voué à mourir de sa belle mort dans un avenir plus ou moins rapproché.

Bien que les transports en commun représentent une façon idéale de réduire ce centre de coût, les aléas de la vie peuvent nous obliger à devoir détenir un véhicule. Dans cette optique, j’ai récemment tenté de déterminer jusqu’à combien pourrait me revenir chacun de mes déplacements. Vous retrouverez à la fin de cet article le modèle Excel que j’ai construit pour tenter de répondre à cette question où j’approxime mon coût de déplacement par kilomètre roulé. J’ai utilisé ce modèle afin de tenter de déterminer si le « timing » de l’achat et de la vente d’un véhicule peut permettre de réduire ces coûts de façon importante. Voici donc les conclusions de cette analyse.

Présentation du modèle

Dans un premier temps, il est évident que l’une des variables les plus significatives sur le coût de nos déplacements est la catégorie de véhicule qu’on conduit. La détention d’une sous-compacte sera moins chère pour son propriétaire qu’un VUS. De mon côté, je possède un VUS compacte (Honda CR-V) donc les hypothèses de ce modèle sont bâties en fonction de ce type de véhicule. L’analyse effectuée sur d’autres types amènerait à augmenter ou diminuer les résultats obtenus.

Pour une catégorie de véhicule donnée, les deux principales variables qui auront une influence sur le moment optimal d’achat et de vente d’un véhicule sont la courbe de dépréciation et les coûts de maintien. On sait tous qu’un véhicule neuf perd une proportion significative de sa valeur dès qu’il est utilisé pour la première fois. Il est donc intuitif de croire que plus nous détenons longtemps ce dernier, plus nous amortirons cet impact. Toutefois, un véhicule ayant plus de vécu est appelé à requérir davantage de coût de maintien. Puisque ces deux variables sont négativement corrélées, il revient donc à trouver le point pour lequel on minimise ces deux types de coûts. Malheureusement, il n’est pas évident d’obtenir de l’information sur comment ces coûts évoluent dans le temps. Dans le cadre de cette analyse, je me suis référé aux informations obtenues sur http://usedfirst.com. Notez que :

  • J’assume que les courbes de dépréciation sont applicables sur le marché canadien et que les coefficients de dépréciation demeureront similaires dans le futur. Notez qu’une approche alternative pour construire vous-même vos courbes de dépréciation serait en analysant les prix de vente disponibles sur Canadian Black Book
  • De manière similaire, j’assume que les coûts de maintenance en fonction de la valeur du véhicule demeurent constants dans le futur

Finalement, quelques variables additionnelles ont été considérées afin de mesure le coût global du véhicule :

  • Coût d’un modèle neuf estimé à 36 000$
  • Durée de vie du véhicule : 12 ans
    • Je le concède, on retrouve encore des Toyota Tercel de plus de 20 ans sur les routes. Toutefois, il semblerait que la durée moyenne des véhicules au Canada soit entre 12 et 13 ans (source)
  • Utilisation moyenne du véhicule : 20 000 km par année
  • Inflation : 1.5%
  • Aucun financement (achat cash)
  • Essence à 1.3$ par litre
  • Consommation d’essence : 9.5 litres par 100 km
  • Coût des pneus : 2.5 cents par kilomètre
  • Permis et immatriculation : données 2019 de la SAAQ
  • Aucun coût de stationnement
  • Coût d’assurance : 2.5% de la valeur du véhicule (mon taux actuel)
    • Je prends comme hypothèse grossière que mon taux d’assurance est uniquement dépendant de la valeur de mon véhicule et que ce taux demeurera constant dans le temps.


Scénarios analysés

Afin de limiter mon analyse, je m’en suis tenu à 4 scénarios plausibles de comportement de consommateur. Les voici donc :

Scénario 1 – Achat d’un véhicule neuf et détention sur toute sa durée de vie

Ce scénario, que j’appelle affectueusement « je ne me casse pas la tête », revient à minimiser nos interventions sur le marché de la vente automobile. Le principal désavantage de ce dernier est d’être frappé de plein fouet par la dépréciation du véhicule qui survient dans les premières années suite à l’achat. Tel que précisé précédemment, la personne adoptant ce scénario vise donc à amortir cette dépréciation sur la durée de vie du véhicule.

Scénario 2 – Achat d’un véhicule à la moitié de sa vie et détention jusqu’à 12 ans

On pourrait aussi appeler ce scénario « j’aime les vieilles minounes ». La personne adoptant ce dernier vise à acheter un véhicule après les dépréciations importantes survenues durant les premières années. Toutefois, le principal désavantage vient du coût de maintenance significatif présent sur les dernières années du véhicule. Notons que ce scénario est celui qui dépend le plus de l’hypothèse de la durée de vie du véhicule. Chaque année additionnelle de détention de véhicule peut réduire considérablement le coût par kilomètre roulé.

Scénario 3 – Achat après une dépréciation marquée et revente avant la prochaine dépréciation importante

Ce scénario pourrait aussi être surnommé « l’amateur des retours de location ». Certaines études démontrent que le « sweet spot » de l’achat d’un véhicule se situe entre les années 3 à 5. Ainsi, acheter à ce moment et tenter d’optimiser le moment de revente avant la prochaine baisse marquée de valeur du véhicule pourrait permettre de minimiser les ravages de la dépréciation du véhicule.

Scénario 4 – Achat et revente régulière d’un véhicule neuf

On pourrait finalement appeler ce 4ème scénario « j’aime quand ça sent le cuir neuf dans mon char ». Ce scénario revient à maximiser son plaisir de conduite en ayant une fréquence élevée de roulement de ses véhicules afin d’avoir en sa possession un véhicule neuf. Bien que de manière générale les adeptes de ce scénario iront vers la location, j’ai analysé ce qui en retournerait dans des situations d’achat.

Résultats

Afin d’avoir une base comparative similaire entre les scénarios, j’ai analysé le coût par kilomètre d’utilisation du véhicule.

Au-delà du fait que le scénario 1 reviendra à approximativement 100 000$ pour l’utilisation d’un véhicule sur 12 ans, on remarque tout d’abord que les scénarios 1 et 2 produisent des résultats similaires. Dans cette optique, le scénario 1 demeure avantageux dans la mesure où moins de risques sont présents au moment de l’achat du véhicule puisque nous serons l’unique propriétaire du véhicule.

De façon surprenante, le scénario 4 produit des résultats relativement alignés avec ceux des scénarios 1 et 2. Alors que ce scénario dépend fortement de la dépréciation sur les premières années du véhicule, les scénarios 1 et 2 seront davantage exposés aux coûts de maintien et la durée de vie du véhicule.

Finalement, notons que le scénario 3 produit le coût le plus faible par kilomètre, ce qui est aligné avec la théorie comme quoi le « timing idéal » d’achat et de vente d’un véhicule est directement après les dépréciations de début de vie et avant la venue de coûts de maintien significatifs. En effet, le scénario 3 résulte en un coût par kilomètre approximativement 12 à 15 cents plus faible que les autres (approximativement 35%). Sur un horizon d’un an, cela revient à approximativement 2 500$ à 3 200$ d’économie!

D’un point de vue personnel, l’achat de mon véhicule est loin d’avoir été mon choix le plus rationnel ces dernières années car :

  • J’aurais pu aller de l’avant vers l’achat d’un modèle moins coûteux (ex : type berline)
  • Je me retrouve dans le scénario 1. La négociation amenée sur le marché des véhicules usagés amené par le scénario 3 est un exercice qui me répugne particulièrement
  • Mon véhicule demeure relativement énergivore. Je m’expose aux soubresauts des prix à la pompe. Ne vous inquiétez pas, je ne suis toutefois pas du genre à aller me plaindre sur les réseaux sociaux à la moindre hausse du prix du litre

Et vous, quel type dans quel scénario vous retrouvez-vous ?

11 réflexions sur « Comment réduire de 35% ses coûts d’automobile ? »

  1. Salut PetitEpargnant,
    Ici je suis de type 2 wannabe 3. J’ai toujours eu des voitures usagées sans paiement que j’use jusqu’à la fin. La première voiture je l’ai laissé au concessionnaire pour 500$ de rabais sur ma deuxième voiture usagée. Ma deuxième voiture usagée j’ai préféré la vendre sur Kijiji et j’ai eu un meilleur prix que chez le concessionnaire. Ma troisième usagée: je l’endure encore et je me questionne à savoir si je ne devrais pas la vendre immédiatement pour racheter un véhicule usagé un peu moins vieux et devenir ainsi un type 3 et minimiser mon coût de transport moyen.

    Enfin, je me suis inscrit sur Turo afin de réduire encore davantage mon coût de transport en louant ma voiture quand elle ne me sert pas. Je n’ai à présent conclu aucune location. (J’utilise toujours mon véhicule).

    Voiturement vôtre!

    Ned

  2. Salut Ned,

    J’ai moi aussi été de type 2 pour mon ancien véhicule. Je croyais à ce moment que c’était la décision la plus rationnelle d’un point de vue financier car je m’évitais la perte importante de dépréciation. C’est à mesure que les frais de garage s’accumulaient que j’ai commencé à me questionner sur le coût relatif que me revenait ma voiture et qui est abordé dans cet article. Je suis content de voir que tu t’enlignes vers le type 3, sachant que cela t’épargnera plusieurs milliers de $ à long terme!

    Salutations!

    Petit Épargnant

  3. Salut, très intéressant comme article, je me suis longtemps questionné sur laquelle des options était la plus coûteuse et je suis agréablement surpris de constater que l’option 4 est presque financièrement équivalente aux options 1 et 2 (je suis l’option 4 mais version location).

    J’ai également lu tes autres textes et je serais curieux de voir ce que tu penses de l’achat d’une maison en gardant quand même un objectif de liberté financière à 50 ans; l’objectif ne serait pas plus rapidement atteint en location (maison ou logement), i.e. on évite les taxes municipales, la mensualité plus élevée liée à une hypothèque et les coûts d’entretiens annuels assez élevés?

    De plus, est-ce plus avantageux de 1. Prendre une courte hypothèque pour payer moins d’intérêt sur la maison, ce qui implique toutefois une mensualité beaucoup plus élevée et donc probablement une capacité d’épargne plus faible, voir nulle ou 2. Allonger l’hypothèque pour diminuer la mensualité et mettre l’excédent en épargne.

    Au plaisir de lire ton point de vue,
    Elie

    • Salut Elie,

      J’ai moi aussi été surpris de voir des résultats comparables entre l’option 1 et l’option 4. Comme j’en fais part dans l’article, je prends comme hypothèse que le véhicule n’a plus de valeur résiduelle au bout de 12 ans (justifié par les sources que j’ai trouvé). Évidemment, on retrouve des voitures plus vielles que cela sur les routes et pour chaque année additionnelle pour laquelle on pourra utiliser le véhicule cela va créer un écart à l’avantager de l’option 1. Bref, de mon côté j’espère que mon véhicule va me durer plus longtemps que l’hypothèse faite dans l’article !

      Par rapport à ta recommendation de sujet, c’est quelque chose que je pensais analyser dans un article futur. Je ne me suis jamais construit de modèle pour comparer la location vs l’achat de maison donc je ne suis pas prêt à ce moment à écrire sur ce sujet. Selon ce que j’ai pu lire par le passé de manière générale les gens « all-in » pour devenir indépendant financièrement le plus rapidement possible vont vers la location. De mon côté, j’ai acheté une maison et j’ai mis 20% de cash down pour avoir la possibilité d’avoir une hypothèque sur 30 ans plutôt que 25. Mon hypothèque offre une option de remboursement anticipé jusqu’à 15% du solde initial à chaque année. De cette manière, je me dégage de la liquidité pour placer à la bourse ou faire un remboursement anticipé de mon hypothèque, selon ce que je juge le plus optimal. Bref, je ne jugeais pas nécessaire de prendre une hypothèque courte durée et créer une pression sur mes liquidités (je pourrais théoriquement prendre une hypothèque 30 ans et rembourser beaucoup plus tôt avec l’option de remboursement anticipé).

      Au plaisir,

      Petit Épargnant

      • Salut, merci pour ta réponse, intéressant! J’attendrai ton futur article 😉

  4. Les voitures ce n’est vraiment pas ce qui a coûté le plus cher pour nous. En ce moment, mon chum conduit une mazda 3 qu’il a acheté usagée de sa tante pour 11 000$ cash alors qu’elle était en super état et peu utilisée. Nous avons décidé l’an dernier de mettre quelques milliers de dollars dessus pour étirer sa vie le temps que les véhicules électriques baissent en prix d’achat.
    Moi je conduis une dodge grand caravan 2012 que j’avais achetée neuve. Je prévois aussi l’étirer juqu’en fin de vie utile. Je prévois que lorsque je cesserai de travailler grâce à l’indépendance financière, j’aimerais ne plus avoir de voiture à moi et plutôt emprunter celle de mon père quand j’en veux une. Il est à la retraite et se sert très peu de sa voiture, genre il fait l’épicerie avec une fois semaine… je pourrais le dédommager pour l’emprunter à l’occasion. Il habite assez proche de chez moi pour que je m’y rende à pied!

    • C’est vraiment le scénario idéal pouvoir acheter une voiture usagée dont l’état est suffisamment bon afin de « différer » la hausse des coûts de réparation. Personnellement, mes coûts de voiture reviennent définitivement trop chers pour ce que j’en retire. Habitant la banlieue, je n’entrevois pas un scénario où je n’ai pas de voiture pour minimalement faire mon épicerie et autres achats et ce, même lors de l’atteinte de l’indépendance financière !

  5. Salut!

    Mon conjoint et moi avons vécu 18 ans avec une seule bagnole. J’ai été obligée d’en acheter une l’été dernier, car je dois maintenant aller visiter mes clients (nouvelle profession oblige!).

    Nous sommes de type 3, nous achetons toujours des bagnoles qui ont moins de 50 000 km à l’odomètre.

    Par exemple, l’auto que j’ai achetée l’été dernier avait 35 000 km au compteur et était un modèle 2017, mais coûtait 12 000 $ de moins que le modèle de l’année.

    Nous revendons nos autos avant que les grosses dépenses commencent. Par exemple, en 2014, nous avions une Mazda 5. Il fallait changer les amortisseurs avant, le pare-prise était fissuré, nous avions des dommages au pare-chocs arrière et il fallait acheter les pneus d’hiver pour la prochaine saison. Si nous avions fait toutes les réparations nécessaires pour la vendre, nous n’aurions pas recouvré nos frais. Nous avons alors décidé de la laisser au concessionnaire VW pour faire l’acquisition d’une Jetta Hybrid qui avait 12 000 km au compteur.

    Quand nous n’avions qu’une seule bagnole, nous avions un budget pour la location d’auto. Louer une bagnole 4 à 5 fois dans une année nous revenait beaucoup moins cher que de posséder une 2e bagnole.

    À deux, nous faisons entre 20 et 30 000 km par année. Ce n’est pas beaucoup… et nous habitons à une heure de Montréal!

    Je suis travailleuse autonome, alors je calcule depuis 2003 mes dépenses automobiles à la cenne près et je sais que c’est très dispendieux.

    Bien des gens achètent un F-150 parce qu’ils ont une roulotte qu’ils trimbalent pendant 2 mois l’été, mais payent un maximum en essence et frais de toutes sortes toute l’année, alors qu’il serait bien plus économique de s’acheter une petite bagnole, puis de louer un camion au besoin. Mais ça…

    • Salut Annie,

      J’aime ton observation par rapport à la location de voiture pour les utilisation ad-hoc. Tu as en effet raison que cette avenue peut être avantageuse lorsqu’on utilise un véhicule à une petite fréquence pour un besoin bien précis. Possiblement que les voient davantage la « grosse » dépense « one-time » de location plutôt que les coûts récurrents pour l’achat du véhicule, ce qu’ils tentent d’éviter et donc décident d’aller vers l’achat en se disant que le véhicule répondra à d’autres besoins simultanément. Je me suis déjà demandé à savoir si je ne devais pas prendre le véhicule le plus économe possible pour mes déplacements normaux du point A ou point B, quitte à me louer un véhicule plus luxueux par exemple lors de mes longs déplacements l’été.

      Déjà le fait d’avoir un seul véhicule permet de faire beaucoup d’économies (même si 0 serait l’idéal!). J’ai moi aussi décidé de garder un seul véhicule suite à un accident de celui de ma conjointe l’année dernière (nous avions alors 2 véhicules). Malgré le lot d’inconvénients que cela amène, je tente de me dire que les économies annuelles justifient amplement ces irritations temporaires.

      Au plaisir,

  6. Bonjour,

    Très bon article. J’aimerais ajouter que l’option 2 est possiblement celle dont les résultats peuvent varier le plus. Certaines marques ont la réputation de durer nettement plus longtemps que 12-13 ans et parfois plus de 300 000km sans bris majeur.

    Si l’on mise sur le bon cheval, les options 2 ou 3 ont le potentiel d’être supérieures selon moi. Les bonnes « écuries »sont connues, donc bien choisir son véhicule en ce sens n’est pas si difficile. Je me demande aussi si le coût de renonciation à été pris en compte dans l’analyse? Acheter un véhicule de type option 2 ou 3 et investir la différence à long terme (à 6-7%) par rapport au coût initial d’un véhicule neuf pourrait peut-être creuser l’écart?

    Merci d’avoir partagé cette analyse et bravo pour votre blogue.

    • Bonjour Frank,

      Je suis d’accord avec toi que l’option 2 est celle qui a le plus d’incertitude car ses résultats dépendront principalement des coûts de maintenance, qui n’est pas dictée par le marché mais plutôt par l’état du véhicule lors de l’achat. La courbe présentée dans l’article représentant une moyenne, je suis d’accord avec toi qu’on pourrait obtenir des résultats inférieurs dans la mesure où nous sommes en mesure d’identifier un véhicule ayant un bon historique d’entretien lors de l’achat. D’un point de vue personnel, j’ai tenté par le passé d’aller vers l’option 2 sans obtenir des résultats très intéressants!

      Par rapport à ton point sur le coût de renonciation, tu as raison dans la mesure où j’ai ignoré l’effet « valeur temporelle » dans cet exercice. Puisque l’option 2 résulte en des coûts différés, nous serons en mesure d’obtenir du rendement additionnel d’ici ces paiements.

      Merci pour les bons commentaires et bonnes observations!

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