Analysons ensemble le profil de consommateur du québécois moyen

Lorsqu’on navigue sur les Internets, il nous arrive parfois de tomber sur de petites trouvailles pour lesquelles on ne peut que s’incliner devant l’effort et le contenu présenté par l’auteur afin d’instruire ou divertir son auditoire. Pour certains, ce sera une page répertoriant les meilleurs « memes » de chat alors que pour d’autres, ce pourrait être une chaîne Youtube comportant des montages d’individus prenant des risques indus menant à des résultats non souhaités. Personnellement, j’ai récemment vécu ce type d’émotion lorsque je me suis retrouvé sur le site de l’Institut de la Statistique du Québec. Ce site est une vraie petite mine d’or nous informant entre autres sur l’allocation des dépenses des ménages québécois. Prenons donc un moment afin d’analyser tous ensemble comment nos confrères et consœurs dépensent leurs sous obtenus à la sueur de leur front.

Bien que le site permette d’analyser les dépenses pour plusieurs catégories de ménage, j’ai considéré pour fin de cet article un couple sans enfant. Notons d’abord quelques faits saillants par rapport aux statistiques recueillies sur ce type de couple.

Faits saillants

  • Les dépenses de consommation totales pour 2016 furent de 52 215$, ce qui fait du sens considérant que le revenu moyen disponible par habitant tourne aux alentours de 29 000$ selon la région
  • Le plus gros poste de consommation est sans surprise celui consacré au logement, à 26.5% des dépenses de consommation totales. Ce dernier est suivi par le transport et non loin derrière par les dépenses alimentaires à 19% et 16.5%, respectivement
  • Les québécois dépensent en moyenne 3 500$ en loisirs, ce qui me semble élevé considérant que ce poste exclus les frais de communication tels que l’internet et la téléphonie (1 700$ en moyenne). Puisqu’il n’existe pas de catégorie liée au budget vacances, je suspecte donc que la catégorie loisirs inclus ces dépenses
  • On a davantage tendance à redonner à nos proches (1 100$ en moyenne en cadeaux) qu’à ceux dans le besoin au sein de notre communauté (300$ en dons de bienfaisance)
  • Les Québécois sont soit 1) peu portés vers la lecture ou 2) utilisent à pleine efficacité leur service de bibliothèque municipale puisque le poste de dépenses lié aux livres représente uniquement 86$ par année
  • Mesdames, vous dépensez en moyenne 62% de plus en vêtements que votre homme (1 340$ vs 825$)
  • Le budget consacré aux soins de santé demeure relativement élevé, à 3 000$ (dont 1 000$ en primes d’assurance-maladie). Des soins dentaires et des lunettes, ça coûte cher !
  • L’impôt sur le revenu moyen est établi à 12 900$, ce qui équivaut à approximativement un ratio de 25% des dépenses de consommation
  • Malheureusement, les québécois épargnent moins pour leur retraite qu’ils dépensent en loisir annuellement (2 950$ vs 3 475$). Comme dit le dicton : « You only live once ! »

Quelques bons coups à noter

Lorsque je compare cette distribution de consommation à mes propres dépenses, je note quelques postes pour lesquels le québécois moyen surperforme votre auteur favori en termes de minimisation de ses coûts.

Tout d’abord, j’ai été relativement surpris du montant de 9 935$ consacré en transport. Ce montant est plus faible que ce à quoi je m’attendais, quoi qu’une portion non négligeable de la population habitant dans les grands centres urbains puisse avoir des coûts significativement moindres en raison de l’offre de transport en commun. Lorsqu’on regarde plus attentivement ce montant, on voit en effet qu’approximativement 686$ de ce solde est consacré au transport public. En tant que banlieusard, mon esprit est probablement biaisé par le combo typique du pick-up et du VUS dont je suis habitué de voir dans les entrées de mes voisins. Ne vous inquiétez pas sur mon cas, j’ai pris la décision d’acheter mon véhicule plutôt qu’aller vers la location en toute connaissance de cause ; c’est-à-dire des paiements plus élevés à court terme mais qui me libèrent à moyen terme d’engagements auprès du concessionnaire. Pour plus d’info sur comment minimiser ses coûts automobiles, je vous invite à lire mon article portant sur ce sujet.

Dans un deuxième temps, les dépenses en logement de 13 806$ (1 150$ mensuellement) demeurent plus faibles que ce j’ai dépensé au cours de l’année 2018. Plusieurs critères peuvent impacter ces coûts moindres, dont :

  • Être locataire plutôt que propriétaire
  • Âge (devrait être corrélé au solde hypothécaire résiduel)
  • Taille de la propriété et secteur choisi

J’assume que les deux premiers critères sont à mon désavantage d’un point de vue « dépenses en logement » (i.e. jeune propriétaire) alors que je considère avoir fait un choix éclairé pour le troisième critère (propriété qui ne m’étouffe pas au niveau des engagements financiers de paiements).

Quelques pistes d’amélioration

Le premier point important que je note est par rapport au budget lié à l’alimentation : soit que les québécois mangent beaucoup, soit ils n’optimisent pas leurs achats de nourriture. À titre indicatif, ma conjointe et moi avons dépensé 65$ en moyenne par semaine en épicerie en 2018, alors que ce montant est de 120$ pour le couple moyen en 2016 ! Dans un deuxième temps, j’ai été étonné de voir que le budget consacré à la restauration représente près de 40% de ce qui est dépensé en épicerie (2 450$ vs 6 200$). On parle tout de même d’une dépense de près de 50$ par semaine par couple ! Bref, j’ai constaté que mes coûts en alimentation sont beaucoup plus optimisés que celui du couple moyen et ce, en adoptant des habitudes saines d’achat à l’épicerie et faciles à mettre en place (un article futur à suivre sur ce sujet) ainsi qu’en m’imposant moins de sorties au restaurant.

Une seconde piste d’amélioration que j’ai noté est par rapport à quelques éléments pouvant être considérés comme des « vices » de la société : jeu, tabac, alcool. En effet, le couple moyen dépensera 132$ en jeu (ce qui n’est pas si pire). Toutefois, on note encore malheureusement de nos jours qu’en moyenne 340$ seront dépensés sur des produits nocifs du tabac appelés à diminuer notre espérance de vie (encore une fois, ce montant peut être très variable, allant de 0$ à un multiple de ce montant). Finalement, l’alcool représente en moyenne 1 435$ par couple par année (28$ par semaine). Bref, une bonne bouteille de vin tous les samedis soir ! Personnellement, ce montant consacré dans mon budget pour ces trois postes de dépenses pour 2019 est établi à 50$ (Au 30 juin, j’en suis à 27$. Je devrai me contrôler pour le reste de l’année). Je ne prône pas d’arrêter de consommer dans l’ensemble de ces types de coûts, mais il est plaisant de savoir que mes habitudes m’amènent à épargner plusieurs centaines de dollars annuellement !

Finalement, je suis ambivalent à me prononcer sur le budget loisir. Personnellement, je dépense davantage que ce montant si je considère mon budget « vacances » dans ce poste. Toutefois, le plaisir que j’en recueille me permet de justifier ce dépassement. Bref, il serait intéressant d’avoir une décomposition plus importante de ce poste. Personnellement, mes centres d’intérêt m’amènent à avoir des loisirs peu coûteux (carte SEPAQ me donnant accès à tous les parc provinciaux pour quelques dizaines de dollars annuellement, vélo sur pistes cyclables et utilisation des services publics).

Pour conclure, l’objectif de cet article n’était pas de porter jugement sur la consommation des québécois, mais tenter d’établir quel est le profil moyen de ces derniers.

En espérant que le fichier joint vous permettra de vous amuser à trouver des constats et à initier une réflexion sur comment vous vous comparez par rapport à la population en général !

1 réflexion sur « Analysons ensemble le profil de consommateur du québécois moyen »

  1. Comme on dit le « nerf de la guerre » est une saine gestion de son budget et l’adoption des saines habitudes de vie…

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